Petit Dico de l'Art contemporain

aNti FoRM - Le terme est dû au sculpteur américain Robert Morris qui en fit le titre d’un article publié en 1968. Les œuvres n’ont pas de formes fixes puisque tantôt laissées au hasard ou bien déterminées par le comportement des matériaux ou par une adaptation à la configuration des lieux d’exposition.

 

aRt CoNCEPtUEL - Les qualités esthétiques sont délais-sées au profit de l’idée, car les œuvres conceptuelles tendent à substituer l’idée ou le projet à leur réalisation. Une part importante de l’art conceptuel est théorique et l’expression en est venue à désigner une réflexion de l’art sur lui-même, une analyse du concept «art». Artistes: Hans Haacke, On Kawara, Jospeh Kosuth.

 

aRt FÉMiNiStE - À la fin des années ‘60, la pratique artisti-que de femmes engagées est une vive critique politique, sociale, et philosophique de la société et du milieu des arts. Ce mouve-ment reflète et analyse ce que signifie d’être femme et artiste dans une société patriarcale. Artistes : Guerrilla Girls, Barbara Kru-ger, Annette Messager, Women With Kitchen Appliances.

 

aRt SoCioLoGiqUE - Le Collectif d’art sociologique fut fondé en 1974, et ses principaux animateurs étaient Hervey Fischer, Fred Forest et Jean-Paul Thénot. L’objectif est l’analyse critique des rap-ports entre l’art et la société par les moyens qui vont de l’enquête vidéo à des actions dans les grands médias.

 

aRtE PoVERa - C’est le critique d’art Germano Celant qui utilise la première fois cette expression dans un article paru en 1967. Cette expression témoigne de la volonté d’«appauvrir les signes en les réduisant à leurs archétypes». En réaction à l’art «riche» de la société de consommation, dont l’art pop, les artis-tes de ce mouvement utilisent principalement des matières non transformées (terre, charbon, pierres, végétaux) ou rudimentaires (tissus, peluche). Artistes: Paolo Calzolari, Jannis Kounellis, Mario Merz, Giulio Paolini, Guiseppe Penone.

 

BMPT- Le groupe B.M.P.T. marque le refus de communiquer le moindre message et s’abstient de toute émotion. Il prône un art sans affect, en rupture complète avec les règles classiques. Artistes: Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Niele Toroni.

 

BoDy aRt - Cet art est la mise en scène par l’artiste de son pro-pre corps à l’occasion d’actions ou de performances ou encore par l’utilisation de son corps comme support, tel que déjà prati-qué par les artistes du groupe actionniste dans les années ’50. Artistes: Vito Acconci, Bruce Nauman et Dennis Oppenheim.

 

CoLoRFiELDPaiNtiNG - Le critique Clement Greenberg a associé en 1955 cette peinture aux grands champs de couleurs relativement unis. Les aplats de couleurs vives abolissent la pro-fondeur et toute figuration est exclue. Les effets de transparence et de flou confirment une distance avec la touche et les effets de la matière. Artistes: Barnett Newman, Marc Rothko, Clyfford Still et Kenneth Noland.CoMbiNEPaiNtiNG - Terme inventé par l’artiste pop amé-ricain Robert Rauschenberg pour définir des œuvres qu’il réalise, à partir de 1955, dans lesquelles il combine divers objets: chaise, pneu, porte, animal empaillé, etc. Les objets sont parfois assemblés en sculptures, parfois fixés à des tableaux où ils s’intègrent à une composition peinte. ̆ ̆ ̆Voici quelques définitions qui vont vous permettre de saisir la diversité de l’art contemporain, des différents mouvements et courants qui le traversent. Classée en ordre alphabétique et non chronologique, chaque définition est complétée par le nom d’un ou des artistes dont le travail est significatif.Lexique

 

ESthÉtiqUERELatioNNELLE - Esthétique relationnelleest le titre d’un ouvrage de Nicolas Bourriaud paru en 1998. L’esthétique relationnelle privilégie les relations entre les différents acteurs de l’art, principalement l’artiste et son public, plutôt que la réalisation d’objets spécifiques. Nicolas Bourriaud définit l’œu-vre d’art comme un «interstice social». Artistes: Pierre Joseph, Philippe Parreno, Dominique Gonzalez-Foerster, Rirkirt Tiravanija.

 

FLUxUS - Mouvement international dont le nom est choisi par George Maciunas, qui travaille dans une galerie à New York, à cause du grand nombre de significations que le dictionnaire lui attribue. Reprend en grande partie les pratiques subversives de Dada. Musique (John Cage, La Monte Young), poésie (Emmet Williams), cinéma (Jonas Mekas), danse (Merce Cunningham), édi-tion (Dick Higgins), happenings (Robert Filiou, Claes Oldenburg), et toutes sortes de nouvelles formes d’art: mail art, eat art... Premier festival Fluxus tenu à Wiesbaden, en Allemagne, en 1962, et depuis la «réalité du non art» se répand dans le monde.

 

FoRMaLiSME - On parle d’œuvres formalistes à pro-pos d’un art de recherche dans la composition et qui exclut tout contenu expressif ou narratif. Ce courant prend nais-sance en Russie et s’est développé en parallèle aux recher-ches de la linguistique. Ici, la forme détermine le contenu et pour cette raison on privilégie l’analyse des structures narratives et stylistiques. C’est aux États-Unis que le formalisme a eu beaucoup d’influence dans le domaine des arts visuels. Le critique Clement Greenberg est reconnu comme étant forma-liste à cause de l’objectivité de son approche.

 

haPPENiNG - Veut dire littéralement «ce qui est en train d’ar-river». Le happening est plus qu’un spectacle puisque le spec-tateur peut se mêler à l’action, qui peut être improvisée. C’est depuis 1958, à New York, que les happenings se multiplient avant d’atteindre l’ensemble de la planète, particulièrement l’Europe. Au Canada, le terme le plus fréquemment utilisé est «performance».Artistes: Allan Kaprow, Claes Oldenburg, Jim Dine, Yoko Ono.haRD EDGE - Tendance de l’abstraction américaine des années ’60, le «hard edge» (arête dure) se définit par l’application de couleurs en aplats qui délimitent des zones contrastées aux contours nets. Cette peinture annonce le «minimal art». Quand le bord du champ de couleur se confond avec celui du tableau, on pense ici à certaines œuvres de Frank Stella, on parle de «shaped canvas». Artistes: Robert Indiana, Ellsworth Kelly.LaND aRt - Ce terme désigne des travaux effectués dans la nature ainsi que l’utilisation de facteurs climatiques ou saison-niers. La terre sert de support et non seulement de matériau. Artistes: Michael Heizer, Robert Smithson, Walter de Maria, Den-nis Oppenheim, Richard Long.

 

MiNiMaL aRt - Employé pour la première fois par le critique Richard Wollheim, en 1965, pour désigner les tableaux noirs d’Ad Reinhardt. Les artistes minimalistes privilégient les formes qui ne sont pas strictement géométriques, mais qui sont toujours sim-ples. La facture est dépersonnalisée et la composition souvent sérielle, envahissant souvent l’espace de façon à inciter le spec-tateur à faire un parcours. Artistes: Agnes Martin, Carl André.

 

NÉo PoP - Le Néo pop est un mouvement artistique issu du pop art. Les artistes du néo pop privilégient l’approche ludique, font référence à la culture populaire et n’hésitent pas à repré-senter des objets facilement reconnaissables et souvent banals, tel chien ou balayeuse. Sa caractéristique est de nier l’idée d’un art supérieur et élitiste. Artistes: Katherina Fritsch, Damien Hirst, Jeff Koons.

 

NoUVEaU RÉaLiSME - On est contre la peinture de chevalet qui a fait son temps et on prône une esthétique d’appropriation directe du réel. Le théoricien du groupe, Pierre Restany, publie, en 1960, le premier Manifeste du nouveau Réalisme qui sera suivi d’une déclaration constitutive signée, le 27 octobre 1960, par Arman, François Dufrêne, Raymond Hains, Yves Klein, Mar-tial Raysse, Pierre Restany, Daniel Spoerri et Jacques de La Vil-leglé. Rejoignent le groupe par la suite, Niki de Saint-Phalle, Jean Tinguely, Christo et Gérard Deschamps

 

.OP aRt - Abréviation de Optical art, l’expression a été employée pour la première fois lors de l’exposition The Responsive Eye, au MOMA de New York, en 1965. En op art on n’a recours qu’à des effets de contrastes colorés pour créer l’illusion du mouve-ment. Cette esthétique impersonnelle s’est manifestée par des recherches collectives. Artistes: Victor Vasarely et Bridget Riley. Julio Le Parc

 

 

POP ART- C’est le critique anglais Lawrence Alloway qui a choisi ce terme au sujet des œuvres présentées dans l’exposition This is Tomorow, en 1956. Ce mouvement, déjà très actif en Angleterre, prit de l’ampleur aux États-Unis. De nouvelles formes de culture populaire sont intégrées dans l’art, c’est l’esthétisation du quo-tidien. Artistes: Richard Hamilton, David Hockney, Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Jim Dine, Roy Lichenstein, Claes Oldenberg, James Rosenquist, George Segal, Andy Warhol, Tom Wesselman.

 

PoStMoDERNiSME - L’expression revient à Charles Jenks qui, en 1975, la reprend alors qu’elle est utilisée depuis les années ’50 pour désigner l’éclectisme de plus en plus présent en architecture. Puis l’expression se généralise, notamment dans le domaine des arts visuels, pour marquer la rupture avec le modernisme.

 

REaDy-MaDE - Inventé par Marcel Duchamp en 1915, ce mot lui a servi pour désigner les objets manufacturés qu’il expose en tant qu’objets d’art. Pour Duchamp, le ready-made met à l’épreuve le goût et les critères de jugement devant l’œuvre d’art. L’objet devient prétexte à une réflexion sur l’esthétique.

 

SUPPoRt-SURFaCE - Le groupe se constitue à l’occasion d’une exposition au Musée d’art moderne de la ville de Paris, en 1970, appelée Support-Surface. Ce groupe réhabilite la pein-ture abstraite. Le poète et critique Marcelyn Pleynet y est actif et le groupe entretient des liens avec la revue Tel Quel, pour les apports théoriques. Artistes: Louis Cane, Marc Devade, Daniel Dezeuze, Patrick Saytour, André Valensi et Claude Viallat.tRaNS-

 

aVaNt-GaRDE - Le critique italien Achille Bonito-Olivia définit la trans-avant-garde dans un article paru en 1979 dans la revue Flash Art. Son approche dénonce la conception évolu-tionniste de l’histoire de l’art et défend les artistes qui choisissent de suivre une voie «nomade», c’est-à-dire qui glanent d’un style à l’autre. Ce mouvement s’inscrit dans la remise en cause des principes de la modernité et marque le passage vers une nouvelle ère. Artistes: Sandro Chia, Francesco Clemente, Enzo Cucchi.

 

WoRk iNPRoGRESS - Lorsque l’artiste rend son œuvre acces-sible au public pendant le temps de sa réalisation, on parle de «work in progress», soit d’un travail, d’une œuvre en cours de réalisation. Il peut s’agir de rendre l’exposition accessible pendant son instal-lation, de la modifier régulièrement ou de solliciter le public par un dispositif interactif. La finalisation de l’œuvre doit demeurer ouverte et une part d’aléatoire doit entrer en jeu. On peut aussi parler de «Process art» ou «Art in process».

Photos GBouillaut Toulon

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